De métal et de vent, paré, l’automne fait son entrée. L’automne partage avec le printemps la douceur mais c’est une douceur différente ; enveloppante elle nous guide pas à pas vers les intérieurs.
Associer le métal à une saison – l’automne – me semble contre-intuitif, à première vue. Pourtant il s’agit de l’élément qui lui est associé dans la tradition énergétique chinoise. Le métal, les métaux, ce qu’on en dit et ce qu’on en entend – souvent – relève d’objets : objets métalliques, métaux précieux, métaux rares… au fond les métaux renvoient à l’extraction et à ce que l’humain fait d’eux sans aucune considération.
Qu’est-ce que tout cela peut bien me dire de la saison d’automne ?
Les métaux naissent de la terre qui les abrite dans ses entrailles. Le métal mène aux profondeurs et c’est cela que fait l’automne ; doucement mais sûrement il nous invite à lâcher les hauteurs. Doucement car l’automne est encore abondance : abondance de fruits, de graines, abondance des couleurs, des odeurs, abondance des textures de l’air.
L’air aussi est associé à l’automne, ainsi qu’en nous, les poumons. Le vent, le souffle. En un double mouvement il s’agit à l’automne d’inspirer/récolter et puis d’expirer/abandonner.
Écouter encore les enseignantes plantes et animales. Ramasser des noisettes, aménager son terrier, perdre ses feuilles, peu à peu acheminer sa sève vers les racines. Et aussi. Laisser le métal à la terre.
Automne, je ne crains pas la mélancolie qui parfois t’accompagne, mais bien plus de manquer ton invitation : ralentir.
Ce texte a été publié initialement dans la feuille des Plantes Compagnes, « En compagnie des plantes », automne 2024. https://www.assoplantescompagnes.fr/infolettre/
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